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Photovoltaïque sur friche et site dégradé

Friches, anciennes décharges, carrières : pourquoi ces terrains deviennent le premier foncier solaire, et ce que leur sous-sol change pour la construction.

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Photovoltaïque sur friche et site dégradé
Un terrain déjà artificialisé, un raccordement déjà là, et personne qui le réclame pour autre chose. C'est souvent le meilleur foncier solaire d'un département.

Dans un projet solaire, tout le monde parle des modules, des onduleurs et du tarif. Presque personne ne parle de la seule chose qui bloque vraiment : trouver un terrain.

Les bons terrains plats, bien exposés, proches d'un poste, ont déjà été pris. Ce qui reste se heurte à un propriétaire qui hésite, à un maire qui préfère garder ses terres cultivées, ou à une file d'attente de raccordement qui décourage. Beaucoup de projets meurent là, avant même la première étude.

Pendant ce temps, un autre foncier existe, dans à peu près chaque département. Des anciens sites industriels, des décharges fermées, des carrières arrêtées, des délaissés de route. Des terrains que personne ne réclame, souvent déjà raccordés, et que la réglementation pousse désormais vers la production d'énergie.

Cet article décrit ce que ces terrains changent pour la construction. Pas la partie développement ni la partie administrative, qui appartiennent au porteur de projet. La partie que nous voyons, nous, quand il faut poser une centrale dessus.

Ce qu'on appelle un site dégradé

Le terme recouvre des situations très différentes, et l'écart entre elles est considérable pour un chantier.

Une friche industrielle est un terrain qui a porté une activité, puis l'a perdue. Le sol y est généralement compacté, parfois recouvert de dalles ou d'enrobé, et le sous-sol contient à peu près tout ce que l'activité précédente y a laissé.

Une ancienne installation de stockage de déchets est un cas à part. Le terrain est couvert d'une barrière d'étanchéité qu'il est interdit de percer. Rien ne peut être ancré en profondeur, jamais.

Une carrière arrêtée pose le problème inverse : le sol y est souvent trop dur, ou trop irrégulier, avec des fronts de taille et des zones remblayées qui ne se comportent pas de la même façon à deux mètres d'écart.

Un délaissé routier ou ferroviaire est une bande de terrain contrainte par sa forme, longue et étroite, avec des servitudes propres au gestionnaire de l'infrastructure.

Ces quatre situations ont un point commun : le terrain est déjà artificialisé. Il ne prend la place d'aucune culture et ne se dispute avec aucun autre usage. C'est ce qui fait toute leur valeur aujourd'hui.

Pourquoi ces terrains sont devenus prioritaires

La pression sur les terres agricoles a changé la donne. Les refus se multiplient quand un projet solaire propose d'occuper des parcelles cultivables, et le débat public s'est durci.

La loi d'accélération de la production d'énergies renouvelables, adoptée le 10 mars 2023, a poussé dans l'autre sens. Elle organise l'identification de zones favorables au développement des énergies renouvelables par les communes, et oriente explicitement les projets vers les sols déjà dégradés plutôt que vers les espaces naturels et agricoles.

À SOURCER avant publication : ajouter ici le lien Légifrance de la loi et vérifier la formulation exacte du dispositif. Ne pas publier une référence réglementaire sans son lien.

Le résultat, sur le terrain, est simple à observer. Un projet posé sur une friche rencontre beaucoup moins d'opposition locale qu'un projet posé sur des terres agricoles. L'instruction est plus lisible. Et le propriétaire d'un site pollué, qui porte une charge depuis des années, voit arriver un usage qui lui donne enfin un revenu.

Il reste que ces terrains ne sont pas des cadeaux. Ils coûtent en études ce qu'ils font gagner en acceptabilité.

Ce que le sous-sol change pour la construction

Sur un terrain ordinaire, une centrale photovoltaïque au sol repose sur des appuis enfoncés dans le sol. Pieux battus, vis, ou longrines quand la portance ne suffit pas. Le choix se fait après une étude de sol, et nous avons détaillé ailleurs comment se choisit une fondation selon ce que révèle cette étude.

Sur un site dégradé, une partie de ces solutions disparaît d'entrée.

Si le terrain est une ancienne installation de stockage de déchets, l'ancrage est exclu. La couverture d'étanchéité ne se perce pas. Il faut alors poser la structure sur des massifs lestés, en surface, ce qui augmente le nombre d'appuis, le poids transporté et la surface de reprise au vent. Le coût de structure n'a plus rien à voir avec celui d'un terrain classique.

Si le terrain est une friche industrielle, le problème n'est pas l'interdiction mais l'inconnu. Des fondations enterrées, des cuves, des réseaux abandonnés, des blocs de béton non répertoriés. Un pieu qui rencontre une semelle à un mètre cinquante ne s'enfonce pas, et il faut décider sur place : décaler, forer, ou changer de type d'appui. Multiplié par plusieurs milliers d'appuis, ce genre d'arbitrage décide de la durée du chantier.

Si le sol est pollué, chaque mètre cube excavé devient un déchet à tracer et à évacuer. La logique de conception s'inverse alors complètement : on cherche à toucher le sol le moins possible, là où sur un terrain normal on cherche l'appui le plus économique.

Le point à retenir tient en une phrase. Sur ces terrains, l'étude de sol n'est pas une formalité de dossier, c'est elle qui détermine le prix de la centrale.

Le raccordement, souvent le vrai atout

Un ancien site industriel a produit ou consommé de l'électricité. Cela laisse des traces utiles.

Il n'est pas rare de trouver, sur ces terrains, un poste de livraison encore en place, une liaison souterraine existante, et surtout une puissance de raccordement historiquement attribuée. Quand ce droit est encore mobilisable, le projet fait l'économie du délai qui tue le plus de projets solaires en France aujourd'hui.

Encore faut-il savoir ce que l'on récupère. Un poste des années quatre-vingt ne se remet pas en service par principe. Son état, la capacité réelle de ses cellules, la conformité des protections et la qualité de ses schémas décident de ce qui peut être conservé et de ce qui doit être refait. C'est le premier travail que nous menons sur ce type de site, et il relève de l'électricité industrielle bien plus que du solaire.

Le mauvais scénario n'est pas de devoir remplacer un poste. C'est de l'apprendre six mois après avoir construit le dossier dessus.

Ces terrains appellent souvent du stockage

Un site dégradé se trouve rarement au milieu de nulle part. Il se trouve en zone d'activité, à côté d'entreprises qui consomment.

Cette configuration ouvre autre chose qu'une simple injection sur le réseau. Une production locale, une consommation locale, et une batterie industrielle pour absorber l'écart entre les deux. Quand le raccordement disponible est plus faible que la puissance que le terrain pourrait porter, le stockage permet de lisser la production et d'exploiter le foncier au maximum de ce que le réseau accepte.

La même logique vaut pour les surfaces déjà artificialisées d'un site en activité. Un parking, une toiture, une zone de stockage. Un ouvrage comme une ombrière photovoltaïque valorise une surface qui ne sert qu'à stationner, et nous y intervenons sur le lot électrique, du raccordement à la distribution.

Une centrale sur friche vieillit, elle aussi

Un point que les projets récents oublient souvent : ces centrales auront quinze ans un jour.

Sur un site où l'ancrage est limité et la structure lestée, remplacer des modules ou des onduleurs ne se prépare pas comme ailleurs. Les accès, la circulation des engins, la reprise des charges, tout dépend de choix faits à la construction. Une centrale conçue sans y penser devient difficile à moderniser, et un repowering photovoltaïque coûte alors bien plus cher qu'il ne devrait.

Nous le constatons sur les parcs que nous rénovons aujourd'hui : ceux qui se modernisent bien sont ceux dont le constructeur avait laissé de la place. Sur un terrain contraint, cette anticipation vaut encore plus.

Ce que nous réalisons sur ce type de site

Notre intervention commence avant les travaux et ne s'arrête pas à la pose.

Nous menons la partie solaire et la partie électrique d'un même mouvement, ce qui évite la rupture classique entre deux entreprises qui se renvoient la responsabilité du raccordement. Sur un terrain dont le sous-sol réserve des surprises, savoir ce qui a été construit et où a une valeur qui dépasse largement le chantier.

Cette continuité est la même que celle décrite dans les 6 étapes de la construction d'une centrale photovoltaïque, et elle correspond à notre façon de travailler de la conception à la mise en service.

Nous intervenons en France, en Italie, en Allemagne et en Pologne, sur des projets industriels et tertiaires.

Questions fréquentes

Peut-on installer une centrale solaire sur une ancienne décharge ?

Oui, et c'est même un usage courant pour ces terrains. La contrainte principale est l'interdiction de percer la couverture d'étanchéité : la structure repose alors sur des massifs lestés posés en surface, sans ancrage. Cela augmente le nombre d'appuis et le poids à transporter, ce qui doit être chiffré dès l'étude et non découvert au chantier.

Un sol pollué empêche-t-il un projet photovoltaïque ?

Non, il le contraint. Une centrale solaire est un usage compatible avec un sol pollué parce qu'elle demande peu de terrassement et ne crée pas de lieu de vie permanent. La conception cherche alors à minimiser les excavations, chaque mètre cube extrait devenant un déchet à tracer et à évacuer.

Le raccordement existant d'un ancien site industriel est-il réutilisable ?

Parfois, et c'est ce qui fait la valeur de ces terrains. Il faut vérifier l'état réel du poste, la capacité de ses cellules, la conformité des protections et l'existence de schémas à jour. Ce diagnostic se fait avant de construire le dossier sur cette hypothèse, jamais après.

Une centrale sur friche coûte-t-elle plus cher qu'une centrale sur terrain nu ?

Sur la partie structure et fondations, oui, quand l'ancrage est limité ou le sous-sol encombré. Sur la partie raccordement et acceptabilité, souvent moins. Le résultat dépend du terrain, et c'est l'étude de sol qui tranche.

Quelle étude faut-il lancer en premier sur un site dégradé ?

L'étude de sol, avant toute autre chose. Elle détermine le type d'appui, donc le coût de la structure, donc l'équilibre du projet. Sur ces terrains, un projet chiffré sans étude de sol n'est pas chiffré.

Faut-il prévoir du stockage dès la construction ?

Pas systématiquement, mais il faut prévoir la place et le raccordement qui permettront de l'ajouter. Réserver l'emprise et la puissance coûte peu pendant le chantier, et beaucoup après.

Conclusion

Le foncier est le premier frein des projets solaires, et il ne se débloquera pas en cherchant plus longtemps le terrain parfait. Il se débloquera en regardant les terrains que personne ne veut.

Ces sites demandent plus d'études et une conception plus attentive. Ils rendent en échange ce qui manque le plus aujourd'hui : un terrain que personne ne dispute, et parfois un raccordement déjà là.

Si vous avez un site industriel arrêté, une ancienne carrière ou un terrain dont vous ne savez que faire, le bon moment est de parler de votre terrain avant que le projet soit figé.

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