Depuis la loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, dite loi APER, les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² doivent se couvrir de panneaux solaires. Pour les plus grands, l'échéance du 1er juillet 2026 est déjà passée. Pour tous les autres, elle tombe le 1er juillet 2028. On parle beaucoup de la structure, de la surface à couvrir et des arbres à conserver. On parle beaucoup moins de ce qui décide du délai réel d'un projet : l'électricité produite doit aller quelque part, et ce chemin se prépare longtemps avant que la première ombrière soit montée.
Loi APER parking : ce que le texte impose
La solarisation des parkings tient en une phrase de l'article 40 : les parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m² sont équipés, sur au moins la moitié de leur superficie, d'ombrières intégrant un procédé de production d'énergies renouvelables. Dans les faits, il s'agit presque toujours de photovoltaïque.
Trois précisions changent souvent le calcul.
La superficie ne se limite pas aux places. Elle comprend aussi les voies de circulation et les cheminements à l'intérieur du parc, entre ses entrées et ses sorties. En revanche, les espaces verts, les zones de stockage, de livraison et de manutention n'entrent pas dans le calcul. Un parking qui semble juste sous le seuil peut donc le dépasser, et inversement.
L'échéance dépend de la taille. Le 1er juillet 2026 pour les parcs de plus de 10 000 m², le 1er juillet 2028 pour ceux de plus de 1 500 m². Pour un parc géré en concession ou en délégation de service public, la date dépend du moment où le contrat est conclu ou renouvelé. Un report reste possible lorsque le propriétaire justifie d'un contrat d'approvisionnement en panneaux répondant à des critères de performance technique, environnementale et de résilience.
La couverture ne se fait pas forcément à 100 % en ombrières. Selon l'état des textes au 16 septembre 2026, tel que le résume le centre de ressources photovoltaique.info, l'ombrage de la moitié du parc peut combiner arbres et ombrières, à condition que les ombrières couvrent au moins 17,5 % de la surface.
L'obligation pèse sur le propriétaire du parc. C'est à lui de savoir, avant l'échéance, s'il équipe son parking ou s'il entre dans un cas de dérogation.
Les cas où un parking échappe à l'obligation
L'article 40 de la loi du 10 mars 2023 prévoit plusieurs portes de sortie. Aucune n'est automatique : chacune se justifie.
Les arbres d'abord. Un parc déjà ombragé par des arbres sur au moins la moitié de sa surface n'a pas à installer d'ombrières. Le décret du 13 novembre 2024 donne un repère simple : des arbres à canopée large, répartis sur tout le parc, à raison d'un arbre pour trois places. Un parc qui respecte ce ratio n'a pas à démontrer davantage.
Les contraintes techniques ensuite. La nature ou la pente du sol, un risque naturel ou technologique qu'une installation aggraverait, ou un usage du parc incompatible avec des structures (un parking qui accueille régulièrement des événements, par exemple). Les zones protégées au titre du patrimoine ne sont pas soumises aux ombrières, mais restent tenues à un ombrage par des arbres. Les parties de parcs où stationnent des poids lourds font l'objet de règles particulières, liées à la cohabitation avec les bornes de recharge et au risque incendie.
Le coût enfin, et c'est là que l'électricité entre en jeu. Une installation est jugée économiquement inacceptable lorsque son coût, diminué des recettes de vente d'électricité sur 20 ans, dépasse 15 % du coût de création ou de rénovation du parc, ou 10 % de sa valeur vénale pour un parc existant concerné à l'occasion d'un contrat. Cette dérogation se prouve par une étude technico-économique.
Or ce calcul intègre explicitement la réalisation des raccordements et la provision pour le remplacement des onduleurs. Autrement dit, une dérogation économique ne se défend pas sans une étude électrique sérieuse. Un raccordement sous-estimé fait paraître le projet rentable alors qu'il ne l'est pas. Un raccordement surestimé fait demander une dérogation qui ne tiendra pas.
Les études électriques à lancer avant la pose des ombrières
Une ombrière photovoltaïque est d'abord une centrale de production posée au-dessus de véhicules et d'usagers. La structure relève du génie civil. Tout ce qui permet à l'électricité de sortir du parking relève d'un autre métier, et c'est ce métier qui fixe le calendrier.
Estimer la puissance avant de dessiner le parc
Couvrir la moitié d'un parking de 10 000 m² représente environ 5 000 m² d'ombrières, soit une puissance de l'ordre du mégawatt-crête. À ce niveau, on ne raccorde pas une installation comme on raccorde une toiture de magasin. La première étude consiste donc à chiffrer cette puissance à partir d'un plan de calepinage photovoltaïque réaliste : nombre de modules par travée, orientation imposée par les allées, zones exclues. C'est ce chiffre qui détermine tout le reste.
Choisir entre autoconsommation et injection
Un supermarché, une plateforme logistique ou un site industriel consomment de l'électricité en journée, au moment où les ombrières produisent. Consommer sur place ce que l'on produit change complètement le raccordement : l'installation se relie alors au tableau général basse tension du site, et c'est sa capacité à recevoir cette puissance qui devient la question. Nous avons détaillé ce point dans l'article consacré à la distribution basse tension d'un site industriel.
À l'inverse, un parc qui injecte sa production sur le réseau dépend du gestionnaire de réseau. Au-delà de 250 kVA, le raccordement se fait en haute tension (HTA), avec un poste de livraison. C'est ce poste, et le délai pour l'obtenir, qui pèse le plus lourd dans le planning. Les erreurs qui reviennent sur le poste de livraison HTA-BT sont les mêmes qu'on soit sous des ombrières ou sur une centrale au sol.
Dessiner les cheminements avant que le parking soit rouvert
Un parking reste en service pendant les travaux, ou doit le redevenir vite. Les câbles doivent relier chaque ombrière aux onduleurs, puis au point de raccordement, en traversant des voies de circulation. Ces tracés se dessinent au moment des études, en même temps que l'emplacement des onduleurs, des protections et des éventuelles bornes de recharge. Les prévoir après coup, c'est rouvrir un enrobé tout juste refait.
Anticiper les délais, pas seulement la conformité
La demande de raccordement, l'étude du gestionnaire de réseau, la commande et la livraison d'un poste prennent du temps. Pour un parking visé par l'échéance de 2028, le calendrier se construit à rebours : la question n'est pas « quand poser les ombrières », mais « quand déposer une demande de raccordement complète pour être raccordé à temps ».
Ces études relèvent de l'électricité industrielle au sens plein : bilan de puissance, choix des onduleurs, schémas, protections, raccordement, essais et mise en service. C'est le lot que nous prenons sur une ombrière, une fois la structure en place.
Questions fréquentes
Quels parkings sont concernés par la loi APER ?
Les parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m², existants ou neufs. La superficie comprend les places et les voies de circulation à l'intérieur du parc, mais pas les espaces verts ni les zones de stockage ou de livraison. Les parkings en silo, intégrés à un bâtiment, ne sont pas concernés par cette obligation.
Quelle est l'échéance de l'obligation ombrière parking ?
Le 1er juillet 2026 pour les parcs de plus de 10 000 m², et le 1er juillet 2028 pour les parcs de plus de 1 500 m². Pour les parcs gérés en concession ou en délégation de service public, la date dépend de la conclusion ou du renouvellement du contrat. Un report est possible sous conditions liées au contrat d'approvisionnement en panneaux.
Faut-il couvrir tout le parking de panneaux solaires ?
Non. L'obligation porte sur la moitié de la superficie. Selon les textes en vigueur en septembre 2026, cette moitié peut combiner arbres et ombrières, à condition que les ombrières couvrent au moins 17,5 % du parc.
Peut-on être dispensé pour raison économique ?
Oui, si le coût de l'installation, déduction faite des recettes de vente d'électricité sur 20 ans, dépasse 15 % du coût de création ou de rénovation du parc, ou 10 % de sa valeur vénale dans certains cas. Il faut le démontrer par une étude technico-économique, qui doit intégrer le coût des raccordements et le remplacement des onduleurs.
Pourquoi l'étude électrique doit-elle précéder la structure ?
Parce que la puissance, le mode de raccordement et l'emplacement des équipements décident du délai et du coût réels du projet. Un raccordement en haute tension avec poste de livraison ne se prépare pas en quelques semaines. Découvrir ces contraintes une fois les ombrières montées, c'est risquer de manquer l'échéance avec une installation terminée mais non raccordée.
MCK Services construit-il les ombrières ?
Non. La structure, les fondations et la charpente relèvent du génie civil. Nous traitons le lot électrique : études, pose des modules sur la charpente livrée, câblage, onduleurs, protections, raccordement, essais et mise en service.

